Qualité en traduction : ce débat sans fin

La qualité en traduction, ce débat sans fin qui ne manque jamais d’alimenter (les fils de) discussions… et auquel s’atelle courageusement Joanna Drugan dans Quality in professional translation: assessment and improvement, ouvrage publié en 2013 chez Bloomsbury (oui, grand enfant, ceux qui ont publié Harry Potter) dans la collection “Advances in translation”, consacrée à la traductologie (va donc y jeter un œil). Voilà l’objet de l’article du jour.

Ah oui, mais ça cause de quoi ?

Lis-tu vraiment mes brillantes introductions ?

Quality in professional translation

Je reprends. Écrit par Joanna Drugan, que nous appellerons familièrement Jo, prof à la School of Language and Communication Studies d’Est-Anglie, le bouquin aborde la question de la qualité en traduction sous de nombreux aspects : en agence aussi bien que chez les traducteurs indépendants, dans la recherche en traductologie comme dans le monde réel, avec outils de TAO ou sans, etc.

Le tout est développé en 6 chapitres élégamment agencés :

  1. Point sur la traduction aujourd’hui (technologies, enjeux, etc.)
  2. Définitions de la qualité, de sa mesure, de son importance
  3. Outils, flux et qualité, copains ou pas ?
  4. Modèles top-down
  5. Modèles bottom-up
  6. Conclusion = leçons pour tout le monde

Et c’est de qualité, ce truc sur la qualité ?

Ce truc sur la qualité est en fait tout à fait de qualité.

À ma connaissance, il s’agit de la première étude transversale et d’une telle envergure qui mêle pratiques de terrain et traductologie. La diversité des points de vue abordés et la richesse scientifique font chaud au cœur et au cerveau.

Les points positifs sont nombreux :

  • scientificité : biblio étendue, nombreuses références, croisement constant d’infos venant de différentes (versions) de théories, etc = Y’a du niveau chez la petite Jo
  • complétude : on voit de tout, du petit traducteur freelance derrière son PC au gros LSP en passant par les modèles particuliers type Facebook
  • ancrage dans la pratique : on voit bien qu’elle n’est pas restée coincée dans sa bibli et qu’elle a envoyé d/ses petites mains observer les pros, récolter des infos en interview, etc.
  • petit plus : le glossaire des acronymes en début d’ouvrage (pour toi qui oublies toujours ce qu’est un LSP…)

Alors, c’est l’amour fou ?

Je suis un peu amoureuse de Jo parce qu’elle est bien maline et qu’elle rend malin.

Évidemment, il faut y mettre un peu du sien : c’est scientifique, donc ça ne se lit pas comme un Bob et Bobette, et c’est en anglais.

Mais ça vaut vraiment la peine de s’accrocher : après cette lecture, je comprends mieux les différents enjeux liés à la qualité en traduction, à son évaluation et à sa vérification. Je comprends aussi que cette qualité est toute relative, et qu’elle dépend des compétences des traducteurs, des systèmes dans lesquels ils s’inscrivent, des exigences des clients, etc. En bref, quality is in the eyes of the beholders, hein.

Donc je peux l’offrir à ma tata pour Noël ?

Selon Jo, Quality peut faire plaisir à ta tata et à de nombreuses autres personnes (et je suis bien d’accord avec elle) :

  • traducteurs qui s’intéressent à la gestion de la qualité dans une société de traduction – ce qui est valorisé, ce qu’on peut attendre d’eux, etc. (en complément de Comment gérer vos projets de traduction de Nancy Matis, par exemple) et qui manquent un peu d’insipration dans le domaine ;
  • LSP, qui veulent voir et comprendre comment ça marche ailleurs, ce qu’il est possible d’implémenter, comment on peut évaluer le travail déjà accompli et les systèmes en place ;
  • chercheurs et étudiants en traductologie qui fouillent ces questions de qualité, assurance qualité, évaluation, suivi, etc. (pas mal de gens, donc) et qui auraient bien besoin d’un état de l’art joliment fait ;
  • clients qui ont envie de découvrir que les points de vue peuvent être très différents et les manières de travailler aussi ;
  • curieux, notamment les traducteurs bénévoles, fan subbers, traducteurs en crowdsourcing, etc. qui se posent des questions sur la qualité et le sens de leur contribution.

Les adjectifs qualificatifs de la fin

Quality in professional translation: assessment and improvement en trois adjectifs qualificatifs, ce serait :

  • scientifique
  • éclairant
  • unique

Chapitres supplémentaires

Pour aller plus loin, tu peux sans crainte cliquer sur les liens suivants :

  • Recommandations d’une vraie scientifique qui te recommande de lire Quality ici
  • Petit panel de spécialistes qui glosent sur la question
  • Réflexion sur la qualité en traduction dans un article disponible pas loin
  • Débat autour de la traduction de The Vegetarian sous ce lien

Et toi, la qualité en traduction et ailleurs, ça te fait quoi ? Tu as déjà réfléchi à la question ou tiré tes conclusion ? Ça m’intéresse !

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